District

En organisant les communes en 1790, la Révolution maintint Pont-Évêque et Serpaize dans la commune de Septème qui perdit le reste. C'est le puissant essor industriel de Pont-Évêque dans la première moitié du XIXe siècle qui devait poser le problème de l'émancipation communale des Episcopontains : au vieux grief qu'était l'éloignement considérable de Septème dont le chef-lieu était à huit kilomètres, s'ajoutait celui du divorce d'intérêts, les épiscopontains étant principalement ouvriers et les septèmois étant restés paysans.

Finalement, les pétitions recueillirent l'avis favorable de l'administration préfectorale et la loi du 20 juillet 1867 couronna tous ces efforts. Tout comme Chasse-sur-Rhône, Chuzelles ou Serpaize, Pont-Évêque naquit le 20 juillet 1867 comme entité municipale.

Par arrêté ministériel du 8 février 1960, a été créé le District de Vienne regroupant sept communes de l'Isère et du Rhône : Sainte-Colombe, Saint-Romain-en-Gal, Saint-Cyr-sur-le-Rhône, Seyssuel, Pont-Évêque, Reventin-Vaugris et Vienne. Cette décision devait avoir pour notre commune le plus grand retentissement de son histoire : on va assister en effet en quelques années à un triple bouleversement, industriel, démographique et des équipements collectifs.

Jusqu'en 1960 la commune cultiva sa double personnalité rurale et industrielle. Au recensement général de l'agriculture de 1980 elle disposait encore de 608 ha cultivés pour une superficie globale de 843 ha.

L'agriculture est orientée surtout vers les cultures, blé, maïs et colza, qui viennent bien sur le plateau. En 1980 101 personnes vivaient sur 32 propriétés.

En limite de l'agglomération viennoise,les zones humides de Cancanne, de Saint-Hilaire et de la Prairie offrent des espaces de nature( la Coulée Verte et Bleue) ouverts à tous pour la promenade, la connaissance des espèces protégées (animales et végétales) et les loisirs.

Ces espaces et les plaines environnantes peuvent être des espaces où se manifeste le Zulin*.

Sur le plan industriel, le district permit à Pont-Évêque de proposer les vastes espaces de son plateau à des entreprises intéressées par la présence d'une main d'oeuvre viennoise rendue disponible par la déroute du textile.                                   De nouvelles entreprises s'installèrent sur les deux nouvelles zones industrielles aménagées à l'Abbaye et à Montplaisir. Aux sociétés déjà présentes : - Orbel (productrice de coton hydrophile) devenue Bocoton dont l'activité cessera en 2006, - la chaudronnerie Feretol fondée par P. Contamin, - une tannerie sur le Baraton qui fermera en 1970 - et sur le plateau les Etablissements Grenouillet spécialisés dans la vente et l'assistance technique de matériel agricole) s'ajoutèrent: - en 1962 EEE ( Entreprise Equipement Electrique) et Sodera Equipement, - en 1964 la société Calor (construction électrique), - en 1965 Rey Frères, - en 1967 Cazeneuve (outillage mécanique), - en 1971 Hassler (appareils électroniques de pesage) - en1981 Pellet qui transfèra de Vienne à Pont-Évêque son usine de chaussures, dont seul le centre de recherches subsiste en 2007. et bien d'autres sociétés puisqu'en 2007 , 31 entreprises sont répertoriées au Compass.

Sur le plan démographique, les répercussions de la création du district sont plus spectaculaires encore.

Pont-Évêque avait 1677 habitants en 1946, 1881 en 1962 et 5 636 habitants en 1975.

Dans cette population les étrangers furent nombreux. Les premiers arrivés à Pont-Évêque furent 50 familles d'Arméniens recrutés en 1923 par contrat de travail par l'entreprise Pellet, et logées par celle-ci dans un grand bâtiment du faubourg de Cancane. Depuis 1960 se sont essentiellement des Nord-Africains et des immigrés d'origine latine. On comptait 19,9 % d'étrangers en 1982.

Pour loger tout ce monde, deux ensembles impressionnants d'HLM furent réalisés: les Genêts en 1971 avec 358 logements et le Plan des Aures, à partir de 1973 avec 539 logements.

Pont-Évêque enregistra un tassement démographique au recensement de 1982 : départ des jeunes à la recherche d'emploi, départ d'Episcopontains accédant à la propriété individuelle dans la commune voisine d'Estrablin.

L'explosion démographique a obligé à multiplier les équipements collectifs. En 1960, une nouvelle mairie et un nouveau bureau de poste ont été édifiés. Cinq hectares de terrain furent achetés dans la Prairie par la municipalité en 1962 pour être aménagés en terrains de sports. En 1976, un ancien bâtiment industriel du Plan des Aures était transformé en gymnase. Un collège d'enseignement secondaire fut construit qui fonctionna à la rentrée de 1979. Des supermarchés apparurent.

Enfin, un effort considérable porta sur l'infrastructure routière : Les liaisons avec Vienne se faisaient traditionnellement par la seule RN 502, antique liaison menant de Grenoble à Vienne où elle franchissait le fleuve, devenue D502 de nos jours. Avec l'essor de l'économie au XIXe siècle, elle devenait saturée : on la doubla par la " route neuve", comme disent les Viennois, commencée dans les années 1880 et inaugurée finalement en 1900 après bien des difficultés, en raison de la raideur de la pente du versant gauche de la Gère où elle s'accroche. La modernisation de la " route neuve "de Vienne - D 41 - a permis depuis 1979 le contournement définitif de Pont-Évêque par les poids lourds allant de Grenoble à Vienne et Saint-Étienne.

Aujourd'hui, Pont-Evêque est jumeléé aux communes de Glynneath et d'Imbersago.

 

*Zulin: C'est un phénomène naturel intermittent d'inondation de la plaine qui se manifeste surtout d'Estrablin à Artas et au nord de la plaine de la Sévenne à Luzinay et Chuzelles.
Il a lieu tous les cinq à sept ans et consiste en une vaste inondation de la plaine par émersion de la nappe phréatique souterraine qui se met à recouvrir champs et prés.
Le phénomène s'explique par la présence, dans les vallées de la Vésonne, de l'Ambalon et de la Gère, d'une nappe de cailloutis au-dessus de substratum molassique imperméable.
Cette nappe qui peut atteindre 30 m d'épaisseur stocke les eaux d'infiltration des vallées et collines environnantes, elles-mêmes couvertes de sable, graviers et cailloutis déposés par les glaciers.
Les eaux infiltrées s'écoulent vers l'ouest, vers le confluent Gère-Vésonne, mais sont alors bloquées par le granit imperméable qui surgit aux abords de Vienne, de sort qu'elles restent en une énorme nappe souterraine, dont la gère n'en écoule qu'une partie.
Quand l'hiver et le printemps ont été humides, le sous-sol est gorgé d'eau et celle-ci apparaît en différents points de la vallée, inondant champs et prés, parfois pendant plusieurs mois.
Ce séjour prolongé de l'eau était accompagné d'une fièvre dont on se rappelle à Estrablin.

 

BIBLIOGRAPHIE

Auvolat (M.), Concentration industrielle, mutation socio -politique et développement urbain dans les villes moyennes. 3. Vienne, Lyon, Economie et Humanisme, 1979.

Bravard (Y.), Le Bas-Dauphiné, recherches sur la morphologie d'un Piedmont alpin, Grenoble, Allier, 1963.

Brichet (E.), Le Conseil général et les conseillers généraux de l'Isère de 1790 à 1905, Grenoble, Vallier, 1907.

Cavard (P.), Vienne la Sainte, Vienne,Blanchard, 1977.

Chapotat (G.), La croisée de Vienne, Bourgoin, 1959.

Genty, Du village à la ville, évolution d'une commune et adaptation du milieu agricole. Exemple de Pont-Évêque, Mémoire de maîtrise de Géographie, 1981, dactylographié.

Léon (P.), Naissance de la Grande Industrie en Dauphiné, fin du XVIII siècle -1869, Paris, P-U-F-, 1954.

Pelletier (A.), Histoire de Vienne et de sa région, Roanne, Horvath, 1980.

Revol (G.), Vienne en Dauphiné, étude de géographie urbaine, dans Bulletin de la Société des Amis de Vienne, 1935.

Rivet (F.), La navigation à vapeur sur la Saône et le Rhône, 1783-1863, Paris, P-U-F-, 1962.

Dans l'ouvrage collectif Vienne en France, Editions Jean d'Auvergne, 1947, trois articles à retenir : - Ch. Chatain : " Vienne, son industrie, et son commerce ". - Ch. Jaillet : " Vienne, berceau de la papeterie en Dauphiné ". - J. d'Humiéres : " L'industrie moderne du papier ".

 

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